Panneaux solaires : pourquoi les propriétaires romands en posent encore, mais plus pour vendre leur courant
Le temps où l'on posait des panneaux pour revendre son courant au réseau est terminé. Le solaire n'en est pas moins rentable : il l'est autrement. Ceux qui le pensent pour leur propre maison en tirent le meilleur.
Il y a quelques années, le raisonnement était simple. On posait des panneaux, le distributeur rachetait le surplus à un prix correct, et l'installation se payait d'elle-même, que l'on soit à la maison ou non. Beaucoup de voisins ont fait ce calcul, et beaucoup s'en félicitent encore. Ceux qui y réfléchissent aujourd'hui entendent pourtant un autre discours : le courant revendu ne vaut presque plus rien.
Les deux sont vrais. Ce qui a changé, ce n'est pas la technologie : les panneaux n'ont jamais été aussi performants ni aussi durables. C'est le calcul. Un toit solaire ne se rentabilise plus en vendant son courant, mais en l'utilisant.
Ce qui a changé pour les producteurs
Si vous avez écarté l'idée il y a quelques années, ou si votre voisin vous a dit que « ça ne rapporte plus rien », voici où en sont les choses :
- Le surplus est payé au prix du marché. Depuis janvier 2026, le courant injecté est rétribué selon le prix de marché de référence calculé par l'Office fédéral de l'énergie. Au printemps, quand tous les toits produisent, ce prix tombe à quelques centimes.
- Dès 2027, un prix au quart d'heure. Le Conseil fédéral l'a décidé : sauf accord différent avec le gestionnaire de réseau, le surplus sera payé au prix de la bourse, quart d'heure par quart d'heure. Les petites installations gardent un minimum, calculé sur la moyenne du trimestre.
- Le courant consommé chez soi, lui, garde toute sa valeur. Chaque kilowattheure produit et utilisé sur place est un kilowattheure que vous n'achetez pas au réseau, avec son prix, son timbre d'acheminement et ses taxes.
- On peut désormais partager son courant. Depuis 2026, les communautés électriques locales permettent de vendre son surplus à ses voisins du même quartier, avec un rabais sur l'utilisation du réseau.
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Hier un placement, aujourd'hui une centrale pour sa maison
La meilleure façon de comprendre le changement, c'est de regarder ce qu'une maison fait de son courant. Une famille absente la journée consomme peu à midi, quand les panneaux donnent tout. Sans rien changer, elle utilise elle-même environ un tiers de sa production ; le reste part sur le réseau.
Les propriétaires qui tirent le meilleur de leur toit ne raisonnent plus panneau par panneau, mais maison par maison. La lessive et le lave-vaisselle tournent à midi. La pompe à chaleur chauffe l'eau chaude quand le soleil brille. La voiture électrique se recharge sur le surplus. Et une batterie garde ce qui reste pour la soirée.
Le distributeur rachète le surplus, la maison n'y pense pas.
Chauffage, voiture, batterie : le toit alimente d'abord la maison.
C'est pour cela que la question n'est plus seulement « combien de panneaux », mais « combien de ma consommation mon toit peut-il couvrir ». Voir ce que ça donne chez moi
Le calendrier joue pour ceux qui s'y prennent tôt
La Confédération soutient toujours le solaire par une rétribution unique versée après la mise en service. Une installation solaire peut aussi, selon le canton, se déduire des impôts l'année de sa facture. Et un toit qui doit être refait dans les prochaines années gagne à être pensé avec les panneaux : on ne paie l'échafaudage qu'une fois.
Pensée en hiver, posée au printemps, rentable dès les beaux jours.
- Cet hiverL'étudeOrientation, ombres, consommation : le projet se dessine au calme. Sans attendre le printemps.
- Au printempsLa poseQuelques jours de chantier, puis l'annonce au gestionnaire de réseau.
- Dès les beaux joursLes premiers kilowattheuresLes mois les plus productifs de l'année ne sont pas perdus.
Le pire scénario, c'est un toit mal pensé
Une installation dimensionnée pour vendre, alors que la vente ne rapporte plus. Des panneaux posés sur le pan le plus ensoleillé, alors que la maison consomme surtout le matin et le soir. Un onduleur central qui s'arrête au premier ombrage de la cheminée. Ces erreurs ne se voient pas le jour de la pose ; elles se paient pendant vingt-cinq ans.
À l'inverse, un toit pensé pour la maison répartit parfois ses panneaux à l'est et à l'ouest pour produire plus tôt et plus tard, prévoit dès le départ la place d'une batterie ou d'une borne de recharge, et gère chaque panneau séparément pour que l'ombre de l'un ne pénalise pas les autres.
Où en êtes-vous ?
Un clic, et nous vous disons par où commencer.
Tous les installateurs ne se valent pas
Des panneaux, tout le monde en vend. Une installation qui produit vingt-cinq ans sans souci, c'est autre chose. Avant de comparer les offres, trois questions méritent une réponse claire :
- Qui garantit quoi, et pour combien de temps ? Les panneaux, les onduleurs et la pose ont chacun leur garantie. Celle du fabricant compte autant que celle de l'installateur, surtout si celui-ci disparaît.
- Chaque panneau est-il géré séparément ? Avec des micro-onduleurs ou des optimiseurs, l'ombre d'une cheminée ou d'un arbre ne fait plus chuter toute l'installation, et l'on suit chaque panneau dans son application.
- L'installation est-elle prête pour la suite ? Une batterie, une borne, une pompe à chaleur : un bon installateur les prévoit dès le départ, même si vous les ajoutez plus tard.
Méfiez-vous en revanche des promesses du type « installation remboursée en quelques années grâce à la revente » : avec le rachat au prix du marché, ce calcul n'est plus sérieux. Le bon chiffre à demander, c'est la part de votre propre consommation que le toit couvrira.
Ce qu'il faut faire maintenant
Si vous êtes propriétaire et que votre toit est bien exposé, le bon moment pour étudier le projet, c'est cet hiver, pour une pose avant les beaux jours. Une estimation gratuite et sans engagement vous donne les trois réponses qui comptent : la puissance que votre toit peut porter, la part de votre consommation qu'il couvrira, et les aides auxquelles vous avez droit.
Vos questions
Mon toit n'est pas orienté plein sud. Est-ce un problème ?
Non. Un toit est-ouest produit un peu moins au total, mais plus tôt le matin et plus tard le soir, ce qui correspond souvent mieux à la consommation d'une famille.
Faut-il une autorisation ?
Dans la plupart des cas, une installation bien intégrée sur un toit se contente d'une annonce à la commune. Les règles sont plus strictes pour les bâtiments protégés. L'installateur s'occupe des démarches.
Que deviennent les panneaux en hiver ?
Ils produisent moins, mais ils produisent : par temps clair et froid, leur rendement est même excellent. Le gros de la production se fait d'avril à septembre.
Est-ce que je m'engage en demandant une estimation ?
Non. L'estimation est gratuite et sans engagement. Nous ne demandons pas votre adresse : votre commune suffit.
Que pourrait produire votre toit pour votre maison ?
Recevez gratuitement l'estimation d'un spécialiste de votre région, pensée pour votre consommation et non pour la revente.
- 1 la bonne puissance
- 2 votre part d'autonomie
- 3 les aides
Sources : loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables, en vigueur depuis le 1er janvier 2026 (prix de marché de référence de l'OFEN, communautés électriques locales) ; décision du Conseil fédéral du 27 mai 2026 sur la rétribution au quart d'heure dès 2027 ; rétribution unique versée par Pronovo. La déduction fiscale et les autorisations dépendent du canton et de la commune.
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